En 1036, la famille de Tinteniac fit construire un premier château en bois sur le site même de la ville de Tinteniac, en bas dans la plaine : ce château en bois fut rapidement détruit puis rasé par les seigneurs anglais, les Plantagenêt ; et en 1170 à la demande de l'Abbesse de Saint-Georges à qui appartenait les terres de la région, le sire de Tinteniac fit construire un autre château, celui-ci en pierre et ici même.
En 1352, au beau milieu de la guerre de succession de Bretagne (1341-1364), le château passe à la famille de Laval, une des plus illustres familles de France à l'époque et parents par alliance de la famille de Montfort qui régna sur le duché de Bretagne de 1364 jusqu'à l'union définitive du duché au royaume de France en 1562.
En 1374, Bertrand du Guesclin qui était alors Connétable du roi de France, c'est-à-dire le chef suprême des armées royales, va épouser, ici même dans la chapelle de Montmuran, Jeanne de Laval et devient propriétaire du château jusqu'en 1380, date de sa mort devant Chateauneuf de Randon en Auvergne.
En 1384, Jeanne de Laval va se remarier avec son propre cousin, Guy de Laval-Montmorency afin que le château reste dans la famille. En 1547, la dernière descendante des Laval, Charlotte va épouser, ici même également dans la chapelle du château, l'Amiral de Coligny.
Nommé grand amiral de France en 1552 par le roi Henri II, Gaspard de Châtillon, seigneur de Coligny est poussé vers la religion réformée par sa femme et se convertit au calvinisme en 1559. Pendant les conflits qui opposèrent les protestants aux catholiques, il est le chef incontesté du parti protestant et devient, en 1569, le commandant en chef des armées protestantes. Après avoir échappé à une première tentative d'assassinat, l'Amiral de Coligny sera l'une des plus illustres victimes du massacre de la Saint-Barthélémy, dans la nuit du 23 au 24 août 1572.
La famille de Coligny aura fait beaucoup pour le développement économique et commercial de la région et ira même, à l'époque jusqu'à exporter des toiles de lin en Russie. Cette famille restera à Montmuran jusqu'en 1643.
Puis de 1643 à 1662, c'est la famille Hamilton qui y habite ; Hamilton était écossais francisé.
En 1662, c'est Gilles Huchet de la Bédoyère qui achète le château.
En 1664, Henri Pélage de Coëtquen, seigneur de Combourg, va invoquer un droit de retrait lignager en prouvant une lointaine parenté avec Charlotte de Laval, la femme de Coligny ; Coëtquen va donc annuler le contrat de vente et devient ainsi propriétaire du château et ce jusqu'en 1693.
En 1693-1750, c'est la famille de Mornay qui habite Montmuran.
En 1750, le comte de La Motte rachète le château, mais celui-ci, à l'aube de la révolution française, en 1789 va émigrer dans les îles anglo-normandes.
Le château sera donc saisi comme bien national puis revendu en 1794 à la famille BIzien du Lézard qui restera propriétaires du château jusqu'en 1888.
En 1888, c'est la famille de La Villéon qui rachète Montmuran et qui l'habite toujours actuellement.



